WARZONE 2100
(les titres)    (page d'accueil) (bas de page)
Avril 2005
Données techniques :
Type de jeu: action stratégie
Version: française intégrale
Conception: Pumpkin Studios
Autres titres: -
Distribution: Eidos
Sortie: avril 1999
Configuration minimum: pentium 200 32 Mb RAM (avec carte 3D)
Système d'exploitation: Windows 98, Windows XP (après upgrade)
Accélération graphique: 3Dfx, Direct 3D et accélération logicielle
Mode réseau: affrontement et stratégie entre 8 joueurs

L'histoire du jeu :
Avec l'arrivée de l'affichage en trois dimensions (3D) et des cartes à accélération graphique dans les jeux de stratégie temps réel, peu d'éditeurs ont résisté à l'envie de nous proposer de nouvelles moutures répondant aux goûts du jour. Warzone 2100 était un de ceux-là et était aussi parmi les premiers.
Warzone 2100 reprenait le thème de l'univers nucléo post-apocalyptique si bien exploité dans ce grand jeu de rôle que fut Fallout premier du nom. Comme il est de tradition dans ce genre de scénario, l'humanité venait d'être anéantie par le dysfonctionnement du système de bouclier nucléaire spatial qui n'avait pas trouvé plus amusant que de balancer tous ses missiles sur les grandes concentrations urbaines de la planète. Une fois le bouclier détruit dans la riposte, l'apocalypse avait été déclenchée et n'épargna que peu de monde. Voilà un background des plus classiques comme on sait toujours l'utiliser aujourd'hui..
L'apocalypse nucléaire est le thème qui allait servir au développeur allemand Pumpkin pour faire évoluer son intrigue dans des décors particulièrement austères, composés de ravines et collines érodées, sans végétation, avec ça et là mais de manière parcimonieuse, une construction en ruine ou encore une épave de véhicule. Le tout était baigné dans une brume servant à merveille un clipping parfaitement maîtrisé, entouré d'une lumière tamisée rappelant l'explosion originelle.
Puisqu'il s'agissait d'un jeu de stratégie, celui-ci reposait sur les deux composantes suivantes: la construction d'unités et la production d'énergie. La gestion de l'ensemble ne s'éloignait pas tellement du modèle repris dans Total Annihilation, un autre seigneur évoluant dans la cour des grands jeux de stratégie ou encore dans Command & Conquer, pour ne citer que ceux-ci. Comme dans Total Annihilation, seuls les véhicules motorisés et l'infanterie cyborg étaient mis à disposition du joueur.Tous les principes de la partie technologique du jeu tournaient autour de la construction et du développement de la mécanisation. C'était dans ce domaine, précisément, qu'allait s'affirmer l'originalité du jeu. Dès le départ et après avoir installé une base, le joueur ne pouvait construire qu'un type de véhicule: le camion utilitaire. Si celui-ci désirait améliorer ou construire d'autres bâtiments ou véhicules (utilitaires/offensifs), il fallait découvrir un quelconque artefact dissimulé quelque part sur le terrain.
A partir du moment où cet élément était récupéré, il devenait possible d'entamer des recherches sur celui-ci. Ces recherches allaient permettre une multitude de développements destinés à l'amélioration d'un élément que l'on possédait déjà (par exemple: une mitrailleuse à grande protée, aux munitions perforantes etc...) soit destinés à la construction d'un nouvel élément de véhicule (par exemple: un châssis renforcé ou blindé etc...). Dès lors, il devenait envisageable de construire de nouveaux véhicules composés des trois éléments de base proposés par le jeu: un châssis, un train de roulement (roues, chenilles) et une arme ou un outil particulier (benne de construction, réparateur, radar etc...).
De plus, chacun de ces éléments était amendable (en clair, il était possible de les améliorer), ce qui permettait de construire une quantité impressionnante de véhicules différents aux fonctionnalités multiples et cela à mesure de l'avancement dans une campagne en mode solitaire.
Cette multiplicité de véhicules générait pour le joueur un inconvénient de taille (si j'ose m'exprimer ainsi). Celui-ci résidait dans la bonne identification des différents spécimens de matériels présents sur le terrain (pas toujours évidente vu le nombre et la grande ressemblance entre chaque véhicule de type différent).
Outre les véhicules et les cyborgs, il était nécessaire de construire des bâtiments constituant une base (usines, centrales, quartier général) ainsi que de les conserver grâce à des éléments de fortification (murs de protection, miradors, herses antichars etc...). Exception faite de la grande variété des véhicules à disposition, c'était, somme toute, les éléments constructibles classiques rencontrés dans un jeu de stratégie. Toutes les unités mobiles étaient équipées d'une intelligence artificielle extrêmement bien programmée qui permettait de les envoyer d'un bout à l'autre de la carte sans problème de pathfinding (immobilisation due à un élément du décor, par exemple). Une autre innovation du jeu résidait dans le fait que les véhicules construits pouvaient être livrés à un endroit déterminé sur la carte. Il suffisait au joueur de déplacer le point de livraison vers un autre emplacement plus approprié pour que les véhicules nouvellement construits s'y rendent. Mieux encore, on pouvait donner toute une série d'ordres à des unités (isolées ou groupées) grâce à un panneau dans lequel il suffisait de cliquer sur l'injonction voulue.
Voici un petit exemple parmi d'autres: afin de limiter la dépense d'énergie, il était possible d'ordonner aux véhicules mis au contact de l'ennemi, de revenir se faire recycler (ou se faire réparer si cela était autorisé), lorsqu'ils subissaient trop de dégâts. Cela permettait de préserver une part d'énergie pour la construction d'une nouvelle unité.
Lorsqu'un tel ordre était donné, on observait le véhicule concerné rompre le combat puis retourner gauchement en fumant jusqu'au recycleur en croisant les véhicules neufs venant à la rescousse pour renforcer le vide ainsi laissé dans les rangs des combattants.
Toujours mieux: les véhicules qui survivaient aux combats amélioraient leurs capacités offensives et s'en trouvaient plus puissants (en prenant du galon). S'il fallait opérer un choix parmi certains véhicules dans une mêlée où la victoire semblait compromise, c'étaient, bien évidemment, les plus galonnés que l'on retirait en premier lieu (afin de préserver au mieux cette expérience de terrain) pour les envoyer se faire réparer (ou recycler, auquel cas ils perpétuaient cet acquis dans une nouvelle construction). En outre, l'IA de l'ennemi donnait véritablement du fil à retordre au joueur (elle n'attaquait jamais deux fois de la même manière, changeait ses points de contact, savait mener des retraites stratégiques, montait des offensives simultanées et j'en passe). Bien évidemment, il en allait ainsi dans le mode solo et au cours de combats souvent inégaux du début du jeu alors que le joueur ne possédait pas encore de technologie équivalente à celle de l'adversaire.
Quant-aux ressources énergétiques, elles reposaient sur la seule extraction du pétrole. Voilà, somme toute, une ressource bien de notre temps. Ce carburant alimentait la centrale électrique, seule unité à pouvoir produire une énergie utilisable. Les puits d'extraction étaient disséminés sur la carte en quelques rares points convoités également par l'ennemi, à moins qu'il n'occupe déjà la place et qu'il faille l'en déloger.
L'astuce du père stratège: quatre puis suffisaient à une centrale électrique pour lui donner son plein potentiel. Au cinquième puis, il fallait construire une seconde centrale pour produire encore plus.
On l'aura compris, ce jeu proposait des possibilités tactiques et stratégiques gigantesques, le tout servi par un excellent gameplay. Pourtant Warzone 2100 fut boudé à sa sortie et reste encore méconnu aujourd'hui.
A quoi cela était-il dû :
A une boîte trop peu attirante ?
A des graphismes un tantinet en retrait par rapport à ce que l'on faisait à l'époque (évidemment, la comparaison ne peut se faire avec les jeux d'aujourd'hui) ?
A une documentation rudimentaire où il n'était même pas fait mention de l'arbre des technologies ?
A une ambiance musicale ne reprenant que trois compositions ?
Que sais-je encore ?...
Pourtant, Warzone 2100 possédait une interface redoutablement simple, efficace et complète, ainsi qu'un mode multijoueur parfaitement équilibré. Avec de telles qualités, il aurait dû se destiner, en priorité, à un très large public.
Dans le mode solo, les missions étaient très bien réalisées et le scénario était parsemé de rebondissements. Les missions se succédaient comme les suites directes de celles qui les précédaient (en gros: on démarrait la mission suivante avec la base et les unités survivantes de la mission précédente). Il arrivait aussi que certaines batailles se déroulent dans plusieurs endroits en même temps, permettant au joueur de réellement tirer parti des transporteurs aéroportés qui servaient alors de navettes ravitailleuses entre la base et les champs de bataille (notamment pour l'envoi de renforts).
Ce jeu aurait dû être un incontournable du genre. Au lieu de cela, il connut un succès mitigé. Fort de cette expérience malheureuse, Pumpkin Studios n'a plus récidivé dans le monde des jeux vidéo PC.
C'était d'autant plus navrant qu'on se trouvait là devant un soft presque parfait. La preuve: si celui-ci a fait l'objet de quatre patchs successifs (dont le dernier était un cumulatif), aucun de ceux-ci n'apportait de correction au jeu lui-même mais ils ajoutaient des modalités tactiques ou des unités supplémentaires.

La boîte et son contenu :
Warzone 2100 a été commercialisé dans une boîte cartonnée solide et de bonne facture comme celles que proposait Eidos à la grande époque.
J'ai fait l'acquisition de cette boîte voici plusieurs années déjà, dans une grande surface spécialisée dans l'alimentaire, au rayon des occasions. A l'époque, il était encore usuel de trouver des jeux d'occasion en boîtes cartonnées mais la présente découverte annonçait déjà la fin d'une période faste et prodigue. Actuellement et même en ce qui concerne les liquidations d'invendus et autres (dans le domaine du jeu vidéo, bien évidemment), la génération des softs en boîtier DVD a fait des ravages mais, à part un prix incitatif, ceux-ci ne dégagent plus la saveur qui les rattacherait au monde féerique d'antan.
La décoration de la boîte de Warzone 2100 me semble, malheureusement, trop peu attractive et représentative du thème du jeu avec une reproduction stylisée noire sur fond rouge-foncé, un rien monocorde et sinistre. Par contre, le côté pile est bien plus significatif puisqu'il y est fait référence au visuel du jeu par l'une ou l'autre capture d'écran. Celles-ci ont l'avantage d'égayer par un peu de luminosité et de couleurs un fond uniformisé quelque peu tristounet. La popularité du jeu aurait probablement été plus grande si la boîte avait été recouverte d'une parure plus éblouissante, plus aguicheuse, à l'image de ce qu'était le jeu dans ses phases d'action intense.
Les CD-ROM (puisque le jeu en compte deux) sont logés dans un solide boîtier cristallin qui enferme aussi un manuel de 70 pages au même format. Là aussi, il aurait été plus adéquat d'y trouver un recueil d'une taille plus propice à une lecture aisée (surtout en ce qui concerne les illustrations). N'oublions pas que Warzone 2100 est un jeu de stratégie et qu'il est important de bien maîtriser les commandes de base afin de profiter pleinement du plaisir qu'il procure. Je suppose toutefois que le format de ce manuel est directement lié à certains impératifs commerciaux puisqu'il permet de voir le soft totalement intégré dans un seul emballage plastique aux dimensions d'une boîte de CD-ROM.
Il n'en reste pas moins vrai que la boîte de Warzone 2100 se retrouve maintenant en bonne place parmi toutes celles qui composent ma collection personnelle. Il réside aussi en bonne place sur mes machines attendant le moment propice pour chapeauter une partie en mode multijoueur.

Et aujourd'hui ?
Warzone 2001 ne rencontre aucun problème pour fonctionner sur les configurations actuelles. Qu'elles soient équipées de Windows 98 ou de Windows XP, rien ne lui semble impossible pour autant que le jeu ait reçu son dernier patch en date (version 1.10). Par défaut, l'affichage propose un choix entre deux définitions: le 640x480 ou le 800x600. Il existe toutefois une possibilité de reconfigurer cet affichage vers une plus haute définition (1024x768) en modifiant simplement la ligne de commande de démarrage (sur la ligne de commande par défaut "C:\Warzone2100\Warzone.exe -d3d -800", où le 800 peut être remplacé par un 640 ou 1024, au choix).
Mais attention ! Si l'écran sur lequel il va apparaître n'est pas de grand format, une trop haute définition aura pour conséquence l'affichage de véhicules de petite taille. Cet inconvénient rend leur identification d'autant plus malaisée qu'il y en a une grande variété avec des différences à peine discernables. En contrepartie, la taille du terrain affiché en sera plus étendue. Cruel dilemme. Il faudra donc choisir le bon compromis (après avoir pratiqué plusieurs essais) pour conserver la maîtrise de l'ensemble.
Par ailleurs, au démarrage du jeu, il se pourrait qu'apparaisse le message suivant: "DDEnumCallbackEx Create failed ..." qui n'est pas l'avertissement d'une interruption probable mais seulement un souci concernant l'ouverture de la fenêtre courante. Il suffit de presser le bouton " OK" (affiché dans la boîte de dialogue) pour que le chargement du jeu se poursuive sans que plus rien d'autre ne vienne perturber son déroulement.
Ah si, j'oubliais ! Cela ne concerne en fait que les possesseurs de cartes graphiques Nvidia. Avec certains modèles de cette puce graphique, un défaut apparaît lors de l'affichage des textes à l'écran, restituant ceux-ci incomplètement tracés. A l'époque, Nvidia avait refusé d'apporter une correction à cette perturbation et, bien que le problème soit référencé depuis la sortie du jeu, il n'a jamais été réglé. Ce n'est pas illisible mais seulement mal affiché. Ce souci ne perturbe en rien le bon fonctionnement du jeu.
Le mode réseau reconnaît les protocoles PCP/IP et IPX. En outre, le jeu autorise des parties multijoueur par modem ou avec un câble nul-modem (deux joueurs seulement). Comme cela, toutes les éventualités restent offertes.
Bien que Warzone 2100 utilise l'accélération graphique 3D, le mode logiciel (comme qui dirait: une absence de toute accélération matérielle, donc) est autorisé et n'est pas du tout désagréable à l'œil. Celui-ci ne souffre d'aucun ralentissement à partir d'un Pentium 3, y compris lors de l'affichage d'épisodes mouvementés avec nombre d'éléments dans le champ de vision. Il se pourrait même que, malgré la présence d'une puce graphique, seul le mode logiciel soit accessible. Ne riez pas, je le sais par expérience !
Personne ne trouvera anormal que le site de référence pour Warzone 2100 soit allemand (vu la nationalité du développeur).
http://blog.warzone2100.de/
Mais celui-ci a quasiment disparu (il n'en reste plus que l'arbre du serveur de fichiers). Je lui préfère cette adresse pour télécharger tous les patchs et la version anglaise du jeu :
http://www.worldforceclan.com/downloads.html
Il est sans doute encore possible d'acquérir le jeu dans une petite série budget nommée "CR-ROM 100% malin". De plus, je ne doute pas qu'il soit encore envisageable de dénicher, sur le marché du déstockage, une boîte originale du jeu. Si vous avez l'occasion (dans les deux sens du terme) de la croiser, ne faites pas la bêtise de passer à côté.
Novation
Si vraiment ces solutions ne conviennent pas, il faut savoir que Warzone 2100 est passé sous licence GPL fin 2004. En clair, son utilisation est maintenant totalement libre et le jeu est intégralement téléchargeable (tout comme ses sources).
Mieux encore: pour satisfaire les présomptueux qui ont eu l'infortune (c'est vraiment pas croyable d'en être arrivés là) d'être passés sous Windows Vista, une version de Warzone 2100 (2.1.2) rebaptisée "Warzone 2100 résurrection", spécialement dédiée à ce système d'exploitation scélérat est téléchargeable ici:
http://wz2100.net/
Et aussi ici:
http://www.lemondedugratuit.fr/jeux.reflexion.gratuit.page4.html
Cela dit, la version initiale de Warzone 2100 devrait fonctionner normalement sous Vista, dans les mêmes conditions que celles édictées pour Windows XP, après apposition d'un seul patch (version 1.10).
Je peux l'attester avec certitude, en ce qui me concerne, puisque le jeu a été installé par mes soins et fonctionne avec brio (accélération activée) sur un PC portable équipé du dernier système d'exploitation Microsoft en date (Vista).
J'en suis même plutôt surpris.
Pour ceux qui, comme moi, préfèrent utiliser la version localisée du jeu (je l'avoue, j'ai cette sorte de revendication), voici, mis à disposition par un connaisseur émérite, les liens qui autorisent le téléchargement direct des fichiers ISO reprenant les deux CD-ROM contenant l'intégrale de Warzone 2100 version française :
http://warzone.ctrl-alt-suppr.me/WarzoneCD1fr.zip
http://warzone.ctrl-alt-suppr.me/WarzoneCD2fr.zip
Si, malencontreusement (l'erreur étant humaine), on se trouve être en possession d'une version originale (anglais/allemand), il existe une possibilité de convertir celle-ci en version française (à l'exception des cinématiques). Pour cela, il suffit de remplacer le fichier "warzone.wdg" (présent dans le répertoire du jeu une fois installé sur le disque dur), par son équivalent que l'on peut télécharger à l'adresse suivante :
http://warzone.ctrl-alt-suppr.me/
Attention: cette manipulation ne fonctionne pas avec la version remasterisée de Warzone 2100 (qu'on se le dise au fond des bois) !
Pour la petite histoire, le développeur Pumpkin Studios, créateur de cet excellent jeu de stratégie en 3D temps réel que fut Warzone 2100 (son unique tentative de percer dans l'univers du PC) a mis la clé sous la porte au tout début de ce millénaire (au moment du dégonflement de la bulle). Ce verdict résultait d'une décision de l'éditeur Eidos qui abandonnait le financement du dernier projet en cours, pressenti pour sortir sur Playstation dont le marché était alors en déclin. Nonobstant ce fait,Pumpkin Studios continua, quelques temps encore, à peaufiner Warzone 2100 en lui dédiant ses derniers patchs, offrant ainsi de nouvelles fonctionnalités et de nouvelles unités réclamées par des joueurs qui furent séduits par les innombrables qualités du jeu.
Voilà une petite perle que vous ne devriez rater sous aucun prétexte.
































(page suivante) (haut de page)